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Affichage des articles du 2017

Le service éducation

J'entendais aujourd'hui à la radio un responsable du service éducation et jeunesse d'une grande entreprise du secteur aéronautique et spatial. Il était invité par France Info, dans une rubrique où ce sont des enfants qui posent des questions. C'était fort bien fait et fort intéressant. Cela m'a toutefois renvoyé à la réalité de l'éclosion de ces services « éducation » dans les entreprises, surtout les grandes, mais aussi dans les collectivités territoriales et particulièrement dans les mairies. Pourquoi créer un service éducation ? À quel besoin cela répond-il ? A priori, que les édiles se préoccupent d'éducation ne devrait pas choquer, au contraire tout le monde devrait trouver ça bien. D'accord. Que des mairies créent un service éducation pour faciliter la tâche des écoles primaires publiques et privées, cela peut en effet sembler bon. Le problème apparait lorsque l'on considère qu'il existe déjà un Service Public d’État qui est cens...

Maternage prolongé et immaturité croissante

Alors même que l'objectif d'autonomie est sans cesse mis en exergue dans la plupart des projets d'école, qu'il est toujours rappelé dans les objectifs généraux de l'école, on observe paradoxalement des enfants moins dégourdis, moins débrouillards, moins autonomes. Des enfants qui manquent de confiance en eux. A) Le constat, les faits, les exemples les lacets : de plus en plus d'enfants de 6, 7, 8 ou même 10 ans ne savent pas nouer leurs lacets. En 1982, il était plus rare qu'aujourd'hui de trouver un enfant qui ne savait pas nouer ses lacets à l'entrée au CP. Et si l'on en doute encore, admettons au moins que le regard et la réaction de l'adulte confronté à ce phénomène ne sont plus les mêmes. La bienveillance est passée par là. le langage écrit : écrire « ma tatie », « mon tonton » au lieu de « ma tante », « mon oncle » est devenu courant. Il s'agit là d'une transposition du langage oral, celui de la maison...

Appel à résister !

Appel à résister ! La majorité des enseignants ont simplement le désir d'enseigner, de faire leur métier. L'enseignant lamba est plutôt porté par une vision pédagogique idéale, des projets ambitieux d'éducation ou de transmission, l'attente d'une carrière dynamique ou paisible. Les enseignants veulent bien rouspéter de temps en temps. Mais ils sont rares ceux qui ont une âme de militant, de combattant, de résistant, de lutteur. La plupart n'ont pas envie de tenir cette posture sur la longueur. Ce n'est pas leur tasse de thé. Ce n'est pas leur fonds de commerce. Revendiquer, ça fatigue, ça use et comme c'est souvent inefficace, ça aigrit. Ils laissent ça aux professionnels de la rouspétance. Notre employeur le sait bien et il en joue. Donc, de façon générale, on ne s'engage pas dans ce métier pour se battre contre les autres (institutions, partenaires). Et si cette dimension militante n'est pas totalement absente, ell...

Pourquoi refuser les transports en commun publics ? (complément au texte déjà rédigé en 2012 sur ce sujet)

Texte de 2012  Pour commencer, rappelons que les transports en bus affrété ont toujours été la règle. Les transports en présence de public, lorsqu'ils existaient, n'étaient que l'exception. Et cela pour plusieurs raisons dont l'évidence n'échappait à personne, du moins jusqu'à ce jour. Il existe en effet, des différences essentielles en termes de commodité, et même de sécurité entre ces deux types de transports : D'abord, le bus affrété attend les élèves. Ce ne sont pas les élèves qui attendent le bus. Celui-ci vient chercher les élèves au pied de l'école. Il les dépose au plus près de leur lieu de destination. C'est la même différence de commodité qui existe, par exemple, entre un taxi et un tramway. Pas de perte de temps car pas d'arrêt inutile, pas de détour : le bus affrété prend l'itinéraire le plus direct du départ à l'arrivée. Ensuite, il n'y a que des élèves dans le bus. Pas d'autres passagers sur lesquels l'enseign...

La subjectivité dans l'évaluation

La subjectivité dans l'évaluation Tous les efforts de l'éducation nationale en matière d'évaluation des élèves ont porté sur la volonté d'éliminer la subjectivité de l'enseignant pour instaurer à la place, un maximum d'objectivité. Il fallait laver l'enseignant de l'infâme soupçon de subjectivité. Objectivité contre subjectivité : tel fut pendant toutes ces années l'axe directeur des évolutions concernant l'évaluation des élèves. On a donc cherché à repousser l'appréciation subjective de l'enseignant pour instaurer une évaluation la plus objective possible sans toujours voir que cette conception, basée sur des critères et des compétences objectifs, relevait en réalité d'une vision mécaniste, techniciste, scientiste de l'éducation. En effet, il me vient à l'idée que ce remplacement progressif participe pleinement de la mutation sociale en cours, la digitalisation du monde, qui se décline en matière d'éducation,...