Pourquoi refuser les transports en commun publics ? (complément au texte déjà rédigé en 2012 sur ce sujet)
Pour commencer, rappelons que les transports en bus affrété ont toujours été la règle. Les transports en présence de public, lorsqu'ils existaient, n'étaient que l'exception. Et cela pour plusieurs raisons dont l'évidence n'échappait à personne, du moins jusqu'à ce jour. Il existe en effet, des différences essentielles en termes de commodité, et même de sécurité entre ces deux types de transports : D'abord, le bus affrété attend les élèves. Ce ne sont pas les élèves qui attendent le bus. Celui-ci vient chercher les élèves au pied de l'école. Il les dépose au plus près de leur lieu de destination. C'est la même différence de commodité qui existe, par exemple, entre un taxi et un tramway. Pas de perte de temps car pas d'arrêt inutile, pas de détour : le bus affrété prend l'itinéraire le plus direct du départ à l'arrivée. Ensuite, il n'y a que des élèves dans le bus. Pas d'autres passagers sur lesquels l'enseignant n'aurait aucun contrôle. Gain de temps, de sécurité, de commodité, le bus affrété présente pour le professeur responsable du déplacement de sa classe, des avantages qu'il n'est nul besoin de souligner (1). À tel point que l'administration a été la première à établir cette différence à travers la réglementation afférente aux sorties scolaires (2) : dans un bus affrété, nul besoin d'accompagnateur autre que le maitre de la classe si la sortie ne dépasse pas la demi-journée de classe (sortie dite « de proximité ») Or, la Mairie qui finance ces transports, souhaite inverser ce rapport car le transport par TBM lui reviendrait environ dix fois moins cher qu'un transport en bus affrété. Dix fois ! L'argument semble de poids ! Ne nous y trompons pas ! Car l'argent ainsi épargné sera vite dépensé à d'autres fins (sans doute les TAP ou l'accueil périscolaire). N'allez pas imaginer que vos taxes locales vont diminuer ! Le souci d'économie, ici n'est qu'une attaque contre les conditions de travail des enseignants des écoles (en bonne voie de municipalisation) au profit d'autres catégories ! Et ce premier pas n'est qu'une étape. Avant la disparition totale des bus affrétés, pour ne pas être trop brutale la réforme commence par diviser. En effet, quelqu'un, dans les services de La Mairie, sans doute diplômé de psychopédagogie ou grand spécialiste de la pratique de classe, a décidé que, si l'on pouvait encore protéger les petits de cycle 2 dans le cocon protecteur des bus affrétés, les « grands » en revanche, ceux de cycle 3 par exemple, étaient assez grands pour ces transports publics. Ce faisant, la Mairie qui n'est pas notre employeur, agit de façon évidente contre nos conditions de travail, sans aucun contre-pouvoir et bien évidemment sans aucune contrepartie. Ajoutons qu'elle créée savamment de la division en introduisant une différence de traitement entre les enseignants : ceux qui enseignent en cycle 2 et ceux qui enseignent en cycle 3. Je refuse cette dégradation de mes conditions de travail sans contrepartie que représente le passage d'un transport affrété à un transport qui ne l'est pas. La Mairie peut bien essayer de nous pousser de force en finançant de moins en moins de transports affrétés. Mais elle ne peut, et personne ne peut imposer une sortie à un enseignant. Ma seule façon de résister et de m'opposer à cette tentative de dégradation de nos conditions de travail, c'est de refuser obstinément d'utiliser ces transports non affrétés. J'appelle tous les parents d'élèves qui souhaitent que les enseignants de leurs enfants puissent choisir de sortir librement et sereinement avec leur classe, j'engage tous les collègues conscients de la pente glissante sur laquelle nous entraine notre inertie collective, à refuser à leur tour les transports TBM et à réclamer au contraire le retour à des crédits transports conformes à ce qui est nécessaire dans une école pour effectuer une quantité raisonnable de sorties en bus affrétés.
18 janvier 20171- Pour plus de précisions, lire le texte de 2012.
2- Voir la réglementation des sorties scolaires dans les écoles élémentaires : sorties de proximité, à pied ou en bus affrété.
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