Et si on essayait la confiance ? un nouveau fonctionnement pour la BCD
Et si on essayait la
confiance ?
un nouveau
fonctionnement pour la BCD
Hier soir en BCD, alors
que l'on évoquait les joies de l'informatisation des données, les
difficultés rencontrées pour leur transfert vers le nouvel
ordinateur, l'incompatibilité probable du logiciel ABCD avec le
système Linux, le retour prochain à Windows et alors que l'on
commençait à envisager de revenir tout simplement au prêt manuel,
avec les bons vieux cahiers et stylos, j'ai osé une proposition :
« Et si on essayait la confiance ? »
Je m'explique mieux.
Il s'agirait ni plus ni
moins que d'abandonner toute forme de contrôle du prêt de
livres.
Sur le modèle des
boîtes à livres qui fleurissent un peu partout depuis
quelques années, l'idée consiste à se baser sur la confiance
que l'on peut avoir dans le civisme des élèves et de leurs
familles.
La bibliothèque de
l'école est notre bien commun. Chacun doit le préserver.
Les livres sont à
disposition. Le prêt serait libre et non contrôlé par aucun
système.
Pour autant, les livres
seraient toujours prêtés et non pas donnés. Un livre
emprunté doit être rendu. Cette évidence serait clairement
rappelée et expliquée dans les classes. Mais chacun ensuite serait
libre en son âme et conscience de respecter ou non la règle sans
être inquiété. D'abord car personne ne peut savoir qui a pris
quoi, mais aussi parce que personne ne pourrait savoir pourquoi cette
obligation n'aurait pas été respectée.
Peut-être un manque de
civisme, de sens commun ?
Peut-être un oubli,
une perte involontaire ?
Peut-être un choix de
garder un livre auquel on s'est beaucoup attaché ?
Il faudrait comparer ce
que l'on gagne et ce que l'on
perd dans ce système de confiance. Et je fais le
pari que les économies réalisées seraient largement
supérieures aux pertes.
D'abord parce que je
suis convaincu que la très grande majorité des livres
continueraient de revenir comme avant. Et que ceux qui ne
reviendraient pas, ne représenteraient qu'une infime partie du
fonds. Parce que je crois que la très grande majorité des enfants
et des parents sont honnêtes et respectueux du bien commun. Surtout
lorsqu'il s'agit de l'école.
Ensuite parce que l'on
n'aurait plus besoin de tout ce système complexe de gestion du
prêt, si coûteux en matériel (ordinateurs,
logiciels, à acquérir, à maintenir, à renouveler), en temps
(réunions), en personnes (parents bénévoles).
De plus, tout le monde
gagnerait à utiliser un système moins rigide :
Dans ce système
simple, ouvert, libre et basé sur la confiance, les élèves
emprunteraient sans contrainte le livre qu'ils ont choisi librement
d'emprunter. Ils ne seraient pas stressés par l'idée d'un livre non
rendu (perdu, ou gardé volontairement). Et surtout, ils trouveraient
l'avantage de pouvoir garder un livre aussi longtemps qu'il leur
plait.
Les enseignants
n'auraient plus à se réunir pour se partager des créneaux à caler
en fonction des possibilités des parents. Ils n'auraient pas non
plus à culpabiliser les
élèves pour qu'ils rendent leur livre.
Les parents
bénévoles pourraient évidemment continuer à venir à la BCD,
mais pour participer à des taches plus valorisantes : aider les
élèves à la recherche, au choix, au rangement d'un livre, lecture
orale d'albums aux plus petits…
Enfin, en montrant
l'exemple d'un détachement des biens matériels, l'école
apprendrait aux élèves que la valeur essentielle d'un livre n'est
pas située dans l'objet-livre, mais dans l'histoire ou l'idée que
celui-ci véhicule, et qui peut être partagée à l'infini pour peu
que chacun y mette un peu du sien.
Si cette leçon-là
pouvait se propager largement dans l'école et dans le monde, alors
je veux bien donner tous mes livres en échange.
Dans un tel système,
les objectifs prioritaires ne seraient plus seulement liés à
la BCD :
-
apprendre à utiliser une BCD
-
apprendre à ranger un livre à sa place
-
apprendre à respecter une date limite de retour
Mais ils seraient
recentrés sur la lecture elle-même :
-
apprendre à aimer la lecture
-
apprendre à aimer les livres
-
apprendre à lire
-
lire effectivement sans contrainte
Ou sur des
comportements citoyens et solidaires :
-
apprendre à se détacher des biens matériels
-
respecter le droit d'autrui à lire le même livre que moi
-
avoir envie de partager ses lectures
Les livres qui ne
reviendraient pas ne seraient pas considérés comme volés, ni
perdus pour l'école. Ce seraient simplement des livres qui iraient
finir leur vie dans une famille, peut-être un bibliothèque de
famille, peut-être une chambre d'enfant …
Un livre ne revient
pas ? Et alors ? N'est-il pas mieux à sa place dans les
mains d'un apprenti lecteur que sur l'étagère d'une BCD d'où il ne
sortira peut-être jamais ? En effet, combien de livres restent
désespérément oubliés sur une étagère ou personne n'ira jamais
les chercher ? Combien de livres ou de manuels scolaires
avons-nous vu disparaître dans une poubelle, jetés au rebut ?
A-t-on une idée du taux d'emprunt de chaque livre de notre BCD ?
N'existe-t-il pas des livres qui, depuis leur entrée dans la BCD,
n'ont quasiment jamais, voire jamais été empruntés ? Et si
cette proportion était bien supérieure à celle de ceux qui
resteraient dans les chambres d'enfants ?
18 octobre
2016
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