Le service éducation
J'entendais
aujourd'hui à la radio un responsable du service éducation et
jeunesse d'une grande entreprise du secteur aéronautique et spatial.
Il était invité par France Info, dans une rubrique où ce sont des
enfants qui posent des questions. C'était fort bien fait et fort
intéressant. Cela m'a toutefois renvoyé à la réalité de
l'éclosion de ces services « éducation » dans les
entreprises, surtout les grandes, mais aussi dans les collectivités
territoriales et particulièrement dans les mairies.
Pourquoi
créer un service éducation ? À
quel besoin cela répond-il ? A priori, que les édiles se
préoccupent d'éducation ne devrait pas choquer, au contraire tout
le monde devrait trouver ça bien. D'accord. Que des mairies créent
un service éducation pour faciliter la tâche des écoles primaires
publiques et privées, cela peut en effet sembler bon. Le problème
apparait lorsque l'on considère qu'il existe déjà un Service
Public d’État qui est censé être en charge de l'éducation et
qui s'appelle l’Éducation nationale.
Et
lorsque ces entités se développent cherchant se faire aussi grosse
que le bœuf (ici le mammouth), il devient pour elles vital de
justifier leur existence par des actions de moins en moins discrètes
et de plus en plus directives. Une programmation culturelle, une
offre de services à la jeunesse, la promotion de telle ou telle
activité sportive... Il faut que les enseignants s'inscrivent dans
le projet … pour justifier les salaires des personnes qui s'y sont
investies, les efforts que la municipalité a investis.
Le
diable se cache dans les détails et c'est là que se joue une
impitoyable partie de gagne-terrain. Hélas pour les écoles et les
enseignants, c'est le combat de David contre Goliath. Le Service
Éducation dispose d'un budget. Pas les écoles. Les écoles sont
soumises (et cette soumission augmente) puisque c'est la commune qui
est en charge de l'entretien des locaux, mais qui finance aussi les
couts de fonctionnement (livres, cahiers, photocopies) et de
transport. À cela s'est d'abord ajoutée l'offre culturelle, puisque
la mairie a aussi un service culturel. Puis, plus récemment la
mairie a proposé (avant d'imposer, et nous verrons que là est le
problème) une offre éducative : les fameux « parcours ».
Prévenante
ou rusée, la mairie a pris la précaution de créer un partenariat
avec l'éducation nationale et plus précisément avec l'IEN de
circonscription et son équipe. Dans ce mariage de la carpe et du
lapin, ce sont les enseignants qui sont les dindons de la farce.
Obligés d'obéir à leur supérieur hiérarchique qui passe, dans
leur dos, un contrat dont ils seront les grands perdants. Maintenant
lorsque l'on participe à une action, un projet organisé par la
mairie (Romainville, Piscine, Cinéma, Théâtre …) il devient
systématique de devoir remplir un bilan écrit et stéréotypé. Et
cela ne s'arrête pas là. Il faut obligatoirement participer à une
réunion préparatoire (Romainville, Piscine, Saint-Lary, …) dans
laquelle on est convoqué par la mairie. Et bien évidemment, c'est
la mairie qui dirige la réunion et les enseignants, qui se trouvent
en position d'élèves, de soumis, de subalternes.
Depuis
Jules Ferry, le principe a toujours été que l'éducation nationale
enseigne, éduque, et que la mairie finance et assure l'intendance :
à l’État le
spirituel, à la commune le matériel.
Ce principe est aujourd'hui largement bafoué. C'est la Mairie via
son Directeur de l'éducation, assisté de son armada de subalternes
qui prend en charge la politique éducative de la Ville, et en vient
donc naturellement au moyen du scélérat PEDT (Projet éducatif de
Territoire) à diriger les enseignants et à orienter leurs choix en
matière d'éducation. C'est inadmissible et révoltant. C'est dans
ces renoncements que se niche le déclassement social des enseignants
des écoles. Réveillons-nous !
Super blog !
RépondreSupprimer