La différenciation
La pression est
tellement forte pour s'inscrire dans des projets innovants, pour
pratiquer une pédagogie moderne, dynamique, active etc. que
finalement on en arrive à délaisser les enseignements fondamentaux.
Or, les élèves qui
profitent le plus de ce système sont les plus avancés, ceux qui ont
le moins de difficulté. En effet, par manque de temps, ce qu'il
faudrait faire avec ceux qui ne maitrisent pas bien la lecture,
l'écriture, le calcul, ne peut jamais être fait.
La différenciation
n'est pas une bonne idée, finalement.
Car d'abord, elle
est chronophage pour l'enseignant. L'administration peut
toujours dire : « Ce n'est pas mon problème, l'enseignant
est payé pour ça … », cela ne marchera pas. Sauf à
instaurer un système de contrôle orwellien dans les classes, sauf à
révolutionner le monde enseignant, on ne pourra pas obliger tous les
enseignants à pratiquer un système chronophage pour eux. La réalité
rattrapera toujours les utopies.
Ensuite, la
différenciation est profondément injuste puisqu'elle
consiste à fixer des niveaux d'exigence supérieurs ou inférieurs
selon les capacités des élèves.
Enfin, elle est
foncièrement trompeuse puisqu'elle laisse croire à la
réussite de certains élèves alors qu'elle a simplement abaissé le
niveau d'exigence pour eux.
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