Politiques éducatives en France
Quand je réalise que les politiques éducatives en France sont mises en place par des gouvernements français qui sont en réalité pieds et poings liés par l'Union Européenne ou l'OCDE, et donc par des gens qui sont capables d'écrire ça :
"On peut recommander de nombreuses mesures qui ne créent aucune difficulté politique. Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution de fonctionnement ne comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population". Page 30.
"On peut supprimer des primes dans certaines administrations en suivant une politique discriminatoire pour éviter un front commun de tous les fonctionnaires. Évidemment, il est déconseillé de supprimer les primes versées aux forces de l’ordre dans une conjoncture difficile où l’on peut en avoir besoin." Page 30.
"Rien n’est plus dangereux politiquement que de prendre des mesures globales pour résoudre un problème macro-économique. Par exemple, si l’on réduit les salaires des fonctionnaires, il faut les baisser dans tel secteur, les bloquer en valeur nominale dans un autre et même les augmenter dans un secteur clé politiquement". Page 31
OCDE - CAHIERS DE POLITIQUE ÉCONOMIQUE La Faisabilité politique de l’ajustement (No. 13) par Christian Morrisson (octobre 1996), 43 p.
En lisant ces lignes emplies de cynisme, je ne peux réprimer un sentiment de trahison, ni un désir de révolte.
Au-delà de ce document de 1996, dont l'auteur n'imaginait sans doute pas qu'il serait médiatisé, il est permis de craindre qu'aujourd'hui d'autres directives existent mais restent plus discrètes et ne sont même pas rendues publiques.
Il me vient alors à l'esprit l'idée que ma loyauté est instrumentalisée. Je comprends avec amertume et dégout que ces politiques sont construites sans aucun respect ni des personnels fonctionnaires, ni de la population. La stratégie expliquée ici consiste même ouvertement à les tromper. Et j'ai soudain moins de scrupules à remettre en question la politique éducative que je subis.
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