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Affichage des articles du 2018

Découverte d'un genre musical : le rap

Le 29 novembre, il y a tout juste deux jours, l’Unesco a fait entrer le reggae au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L'Unesco a inscrit le reggae jamaïcain au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité, ce jeudi 29 novembre. Il y rejoint le fado, le tango ou encore le flamenco.  Une inscription motivée par  "sa contribution"   à la prise de conscience "sur les questions d' injustice , de  résistance , d'amour et d'humanité" et sa dimension "à la fois cérébrale,  socio-politique , sensuelle et  spirituelle ", explique l'Unesco On en a moins parlé, mais la veille, le mercredi 28 novembre, un autre genre musical, le rap, avait fait son entrée dans l’offre d’actions de formation de la circonscription de ma ville. En organisant un projet culturel autour du rap, l’ É ducation nationale n’est-elle pas en train de se tirer une balle dans le pied ? Est-ce à l’école d’offrir un tremplin, une tribune à un genre musi...

Les parcours thématiques

On connaissait déjà le problème avec les classes de découvertes :  la Mairie possédant un centre d'accueil des classes de découvertes, les enseignants sont invités à s'en emparer. Mais si le projet de l'enseignant est différent, qu'il veut emmener sa classe ailleurs, le financement est difficile à obtenir. Avec les parcours thématiques, le problème est similaire. Les enseignants ont toujours eu la possibilité d'organiser des actions culturelles de leur choix avec les partenaires de leurs choix. La Mairie était chargée de financer. Depuis quelques années, sont apparus les parcours thématiques. Il s'agit d'une offre d'actions culturelles proposée aux enseignants. Ces actions "clé en main" sont négociées et organisées par les services municipaux en partenariat avec l'équipe de circonscription de l'éducation nationale. L'avantage pour l'enseignant est qu'il n'a pas à s'occuper d'organiser l'action c...

Pourquoi résister à la municipalisation de l'école ?

Je ne voudrais pas que ce blog puisse laisser croire que je suis un opposant systématique à la Mairie ou que j'aurais un quelconque différend personnel à régler avec elle. Ce n'est bien sûr pas du tout le cas. Je me rends compte pourtant, à la relecture de mes articles, que la Mairie est systématiquement présentée comme une cible. Que l'on ne se méprenne pourtant pas : ce n'est pas la Mairie en tant que telle qui est visée, ni aucun de ses services, pas même le Service Éducation. Ce qui est visé, ce qui me révolte, c'est la municipalisation de l'école . Or, il est temps que je justifie cette position radicalement anti-municipalisation. Car au nom de quoi s'insurger contre le fait que la municipalité se mêle d'éducation ? Depuis la loi de décentralisation de 1982, les collectivités territoriales ont hérité de cette compétence puis l'ont développée avec la Loi de refondation de l'école de 2013. C'est cela que je combat...

Projet de protocole transfert de responsabilité Éducation nationale/mairie

Dans la plupart des métiers, les deux principaux moyens d'exploiter le travailleur sont : lui ajouter des heures de travail (travailler plus) lui ajouter des tâches dans le même temps de travail (produire plus) Dans notre métier d'enseignant, à ces deux principaux moyens d'alourdir le travail, s'ajoute un troisième qui n'est pas moins lourd que les deux autres : nous ajouter des responsabilités nouvelles. Pourtant, les enseignants sont en général plus vigilants sur les deux premiers moyens que sur le dernier. Et justement, je pronostique  que dans les prochaines semaines, la mairie va chercher à nous imposer un protocole de transfert de responsabilité éducation nationale/service d'accueil périscolaire. Or, nous devrons être vigilants et fermes pour refuser de nous laisser imposer quoi que ce soit qui, sous prétexte d'assurer la sécurité des élèves, nous ferait porter une responsabilité supplémentaire. De même...

Enseignants en colère, enseignants en danger !

Tous les jours, de nombreux maitres ou maitresses sont perturbés par les comportements inappropriés des élèves (désobéissance aux règles, bavardage, cris, bruit intempestif, insolence, ...). Souvent ces comportements sont vécus comme des attaques par le système nerveux. Malgré des efforts surhumains de maitrise de soi, le corps, naturellement, finit par répondre à ces attaques de façon automatique par des colères (cris, gestes …). À la longue, ces colères répétées portent atteinte à l'équilibre mental des enseignants. Pour certains d'entre eux, les conséquences sanitaires peuvent être plus ou moins graves : arrêts de travail, médicaments, dépression, burn-out … Ce métier devient de plus en plus difficile car les enfants sont de plus en plus nombreux à ne pas respecter les règles, à répondre avec insolence. Les normes ont bougé. Ce matin, un élève revenait après une absence. Je lui demande s'il a un mot sur le cahier de liaison. Oui. Il me l'apporte....

Entre esprit critique et opposition systématique

Il y a un temps pour tout. Je ne suis pas choqué par un comportement de béni oui-oui chez un élève d'école élémentaire. Bien sûr, il est agréable et valorisant de trouver des élèves capables de s'élever au-dessus de ce niveau et exprimer un avis critique, mais gare aux dérives ! Il sera bien assez tôt, au collège, au lycée, à l'université de développer cet esprit critique si cher aux philosophes. Cet esprit critique est une bonne chose, nécessaire, indispensable à l'adulte éclairé. Mais ici nous parlons d'enfants d'école élémentaire. Pourquoi ce qui est vrai pour les adultes le serait-il forcément pour les enfants ? En l'occurrence, je suis convaincu qu'il faut un temps pour l'obéissance aveugle et un temps pour l'émancipation et la liberté de penser qui formeront plus tard l'esprit critique. Un temps pour que la chenille se transforme en papillon. L'erreur consiste à croire que c'est en suscitant le plus tôt possi...