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Préparation, improvisation, réactivité

Très tôt dans ma carrière, j'ai fait le choix de la réactivité contre celui de la préparation. Dans un milieu enseignant où la préparation, la programmation, la prévision semblent être des piliers du métier, des incontournables, un tel choix peut paraître incongru et nécessite, je le conçois, quelque justification. Comme tous mes collègues, j'ai commencé en préparant mes cours de la manière la plus conformiste possible : objectifs généraux, objectifs spécifiques, buts, matériel, déroulement de la séance, consigne, trace écrite, prolongements possibles...etc. Puisqu'il m'était matériellement impossible de préparer chaque séance de chaque journée (1 h de préparation pour 2 h de classe environ...), il m'est arrivé de plus en plus fréquemment, entre deux séances préparées, de combler, en improvisant une leçon « à brûle-pourpoint ». Bien entendu, je veillais toujours à respecter l'emploi du temps et l'équilibre des disciplines afin de ne pas f...

Transports publics ou car scolaire

Le car scolaire spécialement affrété prend les élèves en bas de l'école. Pas de perte de temps. Il suit un trajet direct entre le départ et l'arrivée. Il ne s'arrête pas sur le chemin pour faire monter ou descendre des passagers. Le bon état du car comme la qualité du chauffeur sont vérifiés et garantis par la Ville (qu'il s'agisse d'un car municipal avec un chauffeur employé municipal ou qu'il s'agisse d'une compagnie privée que la Ville sous-traite). Le bus TBC , lui, doit respecter des horaires fixes . Il n'attend pas les élèves. Ce sont les élèves qui doivent attendre à l'arrêt de bus , ce qui implique un départ de l'école plus tôt, et rallonge inutilement la durée totale du déplacement . De plus, pour ce départ avancé, il faudra parfois convoquer les élèves en dehors des horaires scolaires (avant 8 h 20 ou avant 13 h 20), ce qui aura pour effet automatique de changer de réglementation . En effet, dès lors que la sortie dép...

Sois fainéant !

Sois fainéant ! 1 - Attends qu'on te paye pour aller en cours ! Maintenant, pour inciter les élèves à ne pas sécher les cours, certains lycées offrent des récompenses aux classes qui renoncent à l'absentéisme : billets d'entrée au stade vélodrome pour assister aux matches de l'O.M., permis de conduire ou voyage de fin d'année à l'étranger. Les élèves n'auront qu'à faire acte de présence : faudrait pas qu'on leur demande, en plus, d'écouter le cours ! Quant à tous les autres, ceux qui qui n'ont jamais été absents, ils y verront sans doute un encouragement à sécher les cours, tant qu'ils ne sont pas payés eux aussi, pour y assister ! 2 - Ne t'embête pas à bosser pour obtenir ton bac, puisque les entreprises perçoivent une prime de 2000 euros lorsqu'elles embauchent un jeune de moins de 26 ans SANS le baccalauréat, au lieu de 1000 euros seulement s'il détient le baccalauréat ! Tu auras donc plus de chances d...

Salariés du public/salariés du privé

On entend souvent dire que les salariés du secteur public sont privilégiés par rapport à ceux du privé : horaires hebdomadaires de travail, salaire moyen des fonctionnaires supérieur à celui des employés du secteur privé, âge de départ en retraite, durée des cotisations, sécurité de l’emploi... Mais n’existe-t-il pas pour ces personnes travaillant dans le secteur public une contrepartie à payer ? Il existe quelque chose qu’il est difficile de mesurer mais qui pourrait bien être cette contrepartie. C’est la pression morale qui oblige tout fonctionnaire à se comporter conformément à une certaine idée de la morale, laïque et républicaine. En clair, on trouve globalement plus de civisme, d’esprit de solidarité, de respect des règles sociales chez les fonctionnaires (Éducation nationale, Police et Gendarmerie, Justice, Hôpitaux...) que dans la majorité des entreprises du secteur privé. Les avantages cités plus haut ne seraient donc que la juste récompense d’un comportement globalement plus...

Transversalité et interdisciplinarité

Horaires recalculés pour le cycle 3 et pour l'année scolaire 2008-2009 Aujourd'hui, il n'est plus question de manque de ressources pédagogiques. Bien au contraire, on croulerait plutôt sous les ressources. Non, les problèmes sont plutôt, d'une part, le manque de temps, et d'autre part, l'indiscipline des élèves. A - L'indiscipline des élèves C'est devenu un lieu commun que de rappeler que les élèves d'aujourd'hui ne sont plus ceux des années 1950-1980. Certes, il y a toujours eu des cancres, des élèves turbulents ou dissipés. Ce qui a changé c'est que les élèves d'aujourd'hui (2008) ont grandi dans un monde où les femmes travaillent, ont davantage de pouvoir et ont permis aux enfants de prendre du pouvoir. Les postes d'enseignants du primaire étant occupés à plus de 80% par des femmes, ce changement s'est fait ressentir plus fortement dans les écoles primaires. L'indiscipline s'est généralisée et ...

La différenciation

La pression est tellement forte pour s'inscrire dans des projets innovants, pour pratiquer une pédagogie moderne, dynamique, active etc. que finalement on en arrive à délaisser les enseignements fondamentaux. Or, les élèves qui profitent le plus de ce système sont les plus avancés, ceux qui ont le moins de difficulté. En effet, par manque de temps, ce qu'il faudrait faire avec ceux qui ne maitrisent pas bien la lecture, l'écriture, le calcul, ne peut jamais être fait. La différenciation n'est pas une bonne idée, finalement. Car d'abord, elle est chronophage pour l'enseignant. L'administration peut toujours dire : « Ce n'est pas mon problème, l'enseignant est payé pour ça … », cela ne marchera pas. Sauf à instaurer un système de contrôle orwellien dans les classes, sauf à révolutionner le monde enseignant, on ne pourra pas obliger tous les enseignants à pratiquer un système chronophage pour eux. La réalité rattrapera toujours les utop...

Faut-il être contre le travail ?

Aujourd'hui en 2008, et surtout depuis qu'il a créé le Restos du Coeur en 1985, il est de bon ton de se revendiquer de Coluche, de son héritage, de ses valeurs. C'est ne pas voir que sous des apparences sympathiques, l'humoriste a utilisé sa notoriété et son image pour instiller et véhiculer dans les esprits des idées profondément subversives et qui ont pour longtemps infecté les mentalités. Dans une époque – 1975-1985 - favorable au nihilisme de la punkitude, il a contribué à rendre acceptable l'idée de non-travail, de paresse, de fainéantise... Combien de jeunes, dont je fus, se sont laissé séduire par cette idée selon laquelle le travail était une malédiction à fuir, un piège à éviter ? Quelle part de responsabilité la diffusion de ces idées a-t-elle occupé dans la montée du chômage des années 1975-2005 ? Il eût été sage, après s'être laissé séduire par cette attitude subversive, de ne pas sombrer dans le premier degré. Est-il en effet sérieuse...