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Projet de protocole transfert de responsabilité Éducation nationale/mairie

Dans la plupart des métiers, les deux principaux moyens d'exploiter le travailleur sont : lui ajouter des heures de travail (travailler plus) lui ajouter des tâches dans le même temps de travail (produire plus) Dans notre métier d'enseignant, à ces deux principaux moyens d'alourdir le travail, s'ajoute un troisième qui n'est pas moins lourd que les deux autres : nous ajouter des responsabilités nouvelles. Pourtant, les enseignants sont en général plus vigilants sur les deux premiers moyens que sur le dernier. Et justement, je pronostique  que dans les prochaines semaines, la mairie va chercher à nous imposer un protocole de transfert de responsabilité éducation nationale/service d'accueil périscolaire. Or, nous devrons être vigilants et fermes pour refuser de nous laisser imposer quoi que ce soit qui, sous prétexte d'assurer la sécurité des élèves, nous ferait porter une responsabilité supplémentaire. De même...

Enseignants en colère, enseignants en danger !

Tous les jours, de nombreux maitres ou maitresses sont perturbés par les comportements inappropriés des élèves (désobéissance aux règles, bavardage, cris, bruit intempestif, insolence, ...). Souvent ces comportements sont vécus comme des attaques par le système nerveux. Malgré des efforts surhumains de maitrise de soi, le corps, naturellement, finit par répondre à ces attaques de façon automatique par des colères (cris, gestes …). À la longue, ces colères répétées portent atteinte à l'équilibre mental des enseignants. Pour certains d'entre eux, les conséquences sanitaires peuvent être plus ou moins graves : arrêts de travail, médicaments, dépression, burn-out … Ce métier devient de plus en plus difficile car les enfants sont de plus en plus nombreux à ne pas respecter les règles, à répondre avec insolence. Les normes ont bougé. Ce matin, un élève revenait après une absence. Je lui demande s'il a un mot sur le cahier de liaison. Oui. Il me l'apporte....

Entre esprit critique et opposition systématique

Il y a un temps pour tout. Je ne suis pas choqué par un comportement de béni oui-oui chez un élève d'école élémentaire. Bien sûr, il est agréable et valorisant de trouver des élèves capables de s'élever au-dessus de ce niveau et exprimer un avis critique, mais gare aux dérives ! Il sera bien assez tôt, au collège, au lycée, à l'université de développer cet esprit critique si cher aux philosophes. Cet esprit critique est une bonne chose, nécessaire, indispensable à l'adulte éclairé. Mais ici nous parlons d'enfants d'école élémentaire. Pourquoi ce qui est vrai pour les adultes le serait-il forcément pour les enfants ? En l'occurrence, je suis convaincu qu'il faut un temps pour l'obéissance aveugle et un temps pour l'émancipation et la liberté de penser qui formeront plus tard l'esprit critique. Un temps pour que la chenille se transforme en papillon. L'erreur consiste à croire que c'est en suscitant le plus tôt possi...

Le service éducation

J'entendais aujourd'hui à la radio un responsable du service éducation et jeunesse d'une grande entreprise du secteur aéronautique et spatial. Il était invité par France Info, dans une rubrique où ce sont des enfants qui posent des questions. C'était fort bien fait et fort intéressant. Cela m'a toutefois renvoyé à la réalité de l'éclosion de ces services « éducation » dans les entreprises, surtout les grandes, mais aussi dans les collectivités territoriales et particulièrement dans les mairies. Pourquoi créer un service éducation ? À quel besoin cela répond-il ? A priori, que les édiles se préoccupent d'éducation ne devrait pas choquer, au contraire tout le monde devrait trouver ça bien. D'accord. Que des mairies créent un service éducation pour faciliter la tâche des écoles primaires publiques et privées, cela peut en effet sembler bon. Le problème apparait lorsque l'on considère qu'il existe déjà un Service Public d’État qui est cens...

Maternage prolongé et immaturité croissante

Alors même que l'objectif d'autonomie est sans cesse mis en exergue dans la plupart des projets d'école, qu'il est toujours rappelé dans les objectifs généraux de l'école, on observe paradoxalement des enfants moins dégourdis, moins débrouillards, moins autonomes. Des enfants qui manquent de confiance en eux. A) Le constat, les faits, les exemples les lacets : de plus en plus d'enfants de 6, 7, 8 ou même 10 ans ne savent pas nouer leurs lacets. En 1982, il était plus rare qu'aujourd'hui de trouver un enfant qui ne savait pas nouer ses lacets à l'entrée au CP. Et si l'on en doute encore, admettons au moins que le regard et la réaction de l'adulte confronté à ce phénomène ne sont plus les mêmes. La bienveillance est passée par là. le langage écrit : écrire « ma tatie », « mon tonton » au lieu de « ma tante », « mon oncle » est devenu courant. Il s'agit là d'une transposition du langage oral, celui de la maison...

Appel à résister !

Appel à résister ! La majorité des enseignants ont simplement le désir d'enseigner, de faire leur métier. L'enseignant lamba est plutôt porté par une vision pédagogique idéale, des projets ambitieux d'éducation ou de transmission, l'attente d'une carrière dynamique ou paisible. Les enseignants veulent bien rouspéter de temps en temps. Mais ils sont rares ceux qui ont une âme de militant, de combattant, de résistant, de lutteur. La plupart n'ont pas envie de tenir cette posture sur la longueur. Ce n'est pas leur tasse de thé. Ce n'est pas leur fonds de commerce. Revendiquer, ça fatigue, ça use et comme c'est souvent inefficace, ça aigrit. Ils laissent ça aux professionnels de la rouspétance. Notre employeur le sait bien et il en joue. Donc, de façon générale, on ne s'engage pas dans ce métier pour se battre contre les autres (institutions, partenaires). Et si cette dimension militante n'est pas totalement absente, ell...

Pourquoi refuser les transports en commun publics ? (complément au texte déjà rédigé en 2012 sur ce sujet)

Texte de 2012  Pour commencer, rappelons que les transports en bus affrété ont toujours été la règle. Les transports en présence de public, lorsqu'ils existaient, n'étaient que l'exception. Et cela pour plusieurs raisons dont l'évidence n'échappait à personne, du moins jusqu'à ce jour. Il existe en effet, des différences essentielles en termes de commodité, et même de sécurité entre ces deux types de transports : D'abord, le bus affrété attend les élèves. Ce ne sont pas les élèves qui attendent le bus. Celui-ci vient chercher les élèves au pied de l'école. Il les dépose au plus près de leur lieu de destination. C'est la même différence de commodité qui existe, par exemple, entre un taxi et un tramway. Pas de perte de temps car pas d'arrêt inutile, pas de détour : le bus affrété prend l'itinéraire le plus direct du départ à l'arrivée. Ensuite, il n'y a que des élèves dans le bus. Pas d'autres passagers sur lesquels l'enseign...